En couple, mais chacun son espace : du bonheur de faire chambre à part

J’ai emménagé avec mon chéri il y a six mois. Ici, on a deux chambres : une chambre commune, et une chambre à moi, qui est aussi mon bureau et une chambre d’amis. Quand on en parle autour de nous, on a presque toujours les mêmes réactions, disons très… contrastées. Du moins, auprès des couples hétéro (parce que cela semble bien moins faire débat auprès des couples de personnes lesbiennes ou gays).

Faire chambre à part - Uchi Studio

Les réactions contrastées de notre entourage

Les femmes trouvent ça génial. Elles nous disent qu’elles adoreraient aussi conserver un petit espace personnel, un refuge rien qu’à elles, et puis surtout, qu’elles dormiraient vachement mieux sans leur chéri qui ronfle. 

Les hommes eux, sont pour la plupart catastrophés. Ils disent qu’ils le “prendraient mal”, que “c’est la fin du couple”, qu’il n’y aura “plus d’intimité”, et j’en passe. On a parfois eu des réactions vraiment disproportionnées et dingues, que je vous épargne ici.

Pourquoi faire chambre à part ?

Dans notre cas, les raisons sont diverses. La première, c’est qu’on dort globalement mieux seuls. Monsieur ronfle et les boules quies me donnent de l’eczéma du conduit auditif (OUI C’EST POSSIBLE), je bouge beaucoup, je vole la couette, je me réveille tout le temps…

Aussi, parce que parfois, on a juste envie de dormir seuls : si on est malades pour éviter de réveiller l’autre toute la nuit, ou si on a envie de se coucher ou se lever plus tôt ou plus tard.

Autre raison, ici plus propre à moi-même : je suis quelqu’un qui a besoin d’avoir son espace rien qu’à elle. J’adore vivre seule, passer du temps seule. Ce temps de solitude me permet d’apprécier davantage celui passé à deux.

Un peu comme quand on ne vit pas encore ensemble, et qu’on est d’autant plus contents de se retrouver ensuite, parce qu’on s’est manqués.

Avoir une chambre à soi… et ne pas tout partager

Je ne sais pas si c’est encore utile de vous présenter Virginia Woolf, mais dans son livre “Une chambre à soi”, elle explique que toute femme devrait disposer d’un espace qui lui est propre et d’un peu d’argent si elle veut pouvoir écrire, s’élever d’un point de vue créatif et intellectuel. Comme c’est compliqué dans l’espace public (on y reviendra un jour), il faudrait au moins une chambre que l’on puisse fermer à clé, où ne pas être dérangée.

On en parle aussi dans un super podcast de Judith Duportail (On ne peut plus rien dire – Célibat 2/2 : le couple est-il une prison ?), avec comme invitée Marie Kock, journaliste et autrice de Vieille FilleRendez-vous à la 22è minute, pour questionner le “tout partager”.

Partager l’espace et le temps de façon permanente, je trouve que c’est trop demander à un humain. On peut se raconter qu’on est faits pour ça, mais je crois qu’on a tous besoin d’avoir une expérience solitaire et purement personnelle de la vie », explique Marie Kock.

Concrètement, comment ça se passe au quotidien ?

Concrètement, ça ne veut pas dire qu’on ne dort jamais ensemble. J’ai pour habitude de m’endormir dans un lit, me réveiller dans un autre, idem pour le réveil. C’est juste qu’on choisit, et que le “cododo” n’est pas un automatisme chez nous.

Et non, ça n’a pas brisé notre couple. Parce que mieux on dort, plus on est heureux, moins on est stressés. J’ai récemment lu Why We Sleep de Matthew Walker, qui apporte un éclairage purement scientifique sur le sommeil, et parle entre autres de ce vaste sujet, et du lien entre troubles mentaux, anxiété et sommeil. 

Du privilège de faire chambre à part

Par contre, il faut avoir le privilège de pouvoir avoir un bien avec une chambre de plus. Pas donné à tout le monde, clairement. Même si des études montrent que vivre comme un ou une célibataire coûte plus cher que vivre en couple, et que ça peut être un calcul intéressant à faire si vous avez les moyens.

Et c’est aussi un privilège de temps. J’entends que dans certains cas, la chambre est le seul lieu d’intimité. Lorsqu’on est parents et qu’on bosse toute la journée à l’extérieur, par exemple. Nous, on bosse tous les deux de chez nous, alors bon…